Ossobuco à table : quels grands rouges lui rendre hommage ?
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Vins, saveurs, traditions : le meilleur de l’Italie à votre table.
Il existe peu de plaisirs aussi régressifs qu’une belle tarte chocolat et noisettes, croquante, fondante, presque enfantine. Mais, face à cette gourmandise, une question se pose : quel vin insuffler au dessert un supplément d’âme, sans le masquer ni s’effacer ? La tradition irait vers un rouge puissant, un vin licoreux, quelque chose de concentré. Et si, pour une fois, l’on misait sur la fraîcheur et l’originalité d’un Passerina, ce cépage blanc italien trop peu connu ? Voici comment oser, comprendre, et réussir ce mariage… à l’italienne.
Avant même de parler d’accords, il faut lever le voile sur la Passerina. Cépage blanc ancestral de la région des Marches et des Abruzzes (sud-est de l’Italie), elle doit sans doute son nom aux petits oiseaux – “passeri” – friands de ses baies juteuses une fois mûres. Longtemps oubliée, utilisée dans des vins de table ou des assemblages, la Passerina revient sur le devant de la scène grâce à l’infatigable curiosité de vignerons locaux. Source : Wine-Searcher
Sa force ? Allier vivacité, délicatesse, et de subtiles notes florales et fruitées (pomme verte, poire, agrumes, parfois une amertume fine rappelant l’amande). Autant d’atouts pour soutenir, voire trancher, face aux trésors du dessert.
Voilà une question qui fait parfois grincer les dents. Blanc sur chocolat ? Hérésie ! Pourtant…
On comprend alors que le Passerina, loin d’écraser les saveurs, peut leur donner du relief et les mettre en lumière. Sans compter une particularité : nombreux sont les Passerina embouteillés en version légèrement “passito” (vin issu de raisins séchés) ou “spumante” (effervescent). Deux styles qui ouvrent encore d’autres pistes d’accords.
Tous les Passerina ne se ressemblent pas, loin de là ! Pour une tarte chocolat-noisettes, voici les profils gagnants :
Quelques étiquettes à retenir :
Pour plus d’infos sur ces caves, voir Vinibuoni d’Italia.
Plus votre tarte tire sur les saveurs intenses, presque “amères”, plus vous gagnerez à choisir un Passerina sec, racé, légèrement évolué (2-3 ans). Son ampleur et ses accents floraux font écho à la noisette et allègent la mâche du chocolat. Pour amplifier l’effet fraîcheur : servez le vin à 10-12°C, jamais glacé, mais bien “vivant”.
La rondeur, le croquant sucré d’un Spumante, associé à l’acidité structurante du cépage Passerina, décuple les arômes de noisette et adoucit la perception du sucre. On raconte d’ailleurs dans la province de Fermo qu’on ouvrait jadis une “Passerina spumante” sur les desserts de fêtes villageoises. Le clin d’œil à cette tradition, c’est d’en servir sur une tarte au Gianduja !
Noisettes, pâte sablée, éclats de pistaches – tous ces marqueurs aiment la douceur, mais méfiez-vous d’un vin trop sucré qui “tue” le goût. Le Passerina Passito, grâce à son acidité naturelle, conserve une belle tension en bouche. Il prolonge le goût, donne de la longueur, réveille chaque bouchée et laisse une touche finale d’abricot ou de figue.
Il y a des souvenirs, transmis de bouche en bouche dans les Abruzzes, où la Passerina était réservée aux femmes et aux pâtisseries de Fêtes. “C’est le vin du sourire” disait-on, car il animait les conversations autour de la table, dans cette Italie rurale où le dessert n’était pas qu’une simple conclusion, mais une célébration.
En 2022, à l’occasion du festival “Offida DOCG” dans les Marches, une sélection de tartes au chocolat-noisettes a été dégustée à l’aveugle avec cinq Passerina locaux (sec, passito, spumante). Résultat : le public a élu à plus de 60% le Spumante Dolce comme l’accord le plus surprenant et équilibré, confirmant l’intérêt croissant de la jeune génération pour des accords hors-normes (source : Il Giornale del Cibo).
Choisir un Passerina pour une tarte chocolat et noisettes, c’est un peu voir l’Italie différemment, hors des sentiers battus. Ce trek dans les vergers et collines donne au dessert une touche inattendue : tout reste gourmand, sans jamais s’alourdir. Et si l’accord n’est pas parfait, l’important reste le plaisir du partage et la soif de découverte. Le reste… c’est la magie des terroirs italiens, en bouteille et dans l’assiette.