Retours à la tradition : cépages, tailles et culture sèche
Si l’innovation technologique fait partie de la réponse, de nombreux vignerons renouent aussi avec l’instinct du terroir, parfois en réhabilitant des pratiques séculaires.
Cépages autochtones : résistants par nature
Dans les terres du Primitivo ou du Nero d’Avola, les cépages locaux ont appris à composer avec la soif. Ils possèdent des racines profondes — jusqu’à 6 mètres dans certains cas (source : Vinitaly) — et peuvent plonger pour aller chercher la moindre goutte d’eau. Les parcelles de Carignano del Sulcis, en Sardaigne, par exemple, se passent souvent totalement d’irrigation même lors d’étés torrides.
- Considérés comme « cépages de la résistance », ils expliquent la relative bonne santé de certains vignobles méditerranéens par rapport à des variétés internationales plus exigeantes.
Taille douce et couverture du sol
Les nouvelles générations de vignerons adoptent de plus en plus la taille douce (Simonit & Sirch en ont fait leur credo) : moins de blessures, une plante moins stressée, donc une meilleure gestion de l’eau par la vigne. S’ajoute le paillage naturel (mulching), rendant le sol plus frais, limitant l’évaporation : une technique ancienne remise au goût du jour.
- Le nombre de domaines ayant recours au paillage a été multiplié par 5 en dix ans en Toscane (source : Consorzio Chianti Classico).
Culture sèche (viticulture “secca”) : le pari de la patience
Certaines régions, comme la Basilicate ou les parties les plus pentues du Valtellina, pratiquent encore la viticulture totalement sans eau ajoutée. Le rendement est moindre, la maturité parfois incertaine, mais le vin y gagne en intensité et en typicité. Un choix risqué mais qui séduit de nombreux producteurs “nature”, à l’image de la Tenuta De Blasio près de Matera.