Décrypter la montée du degré alcoolique italien
Petite leçon de cave : l’alcool dans le vin vient du sucre du raisin, qui fermente sous l’action des levures. Or, au fil des étés plus chauds, les raisins arrivent à maturité plus vite et accumulent plus de sucre. Résultat : même vinifié à l’identique, on finit avec une boisson plus corsée.
Regardons Milo, petit village sur les flancs de l’Etna. Jadis, les Nerello Mascalese peinaient à dépasser 12% vol. Aujourd’hui, 13,5% n’étonne personne. Le cas du Prosecco est aussi frappant : plusieurs DOCG de Vénétie, calcul talentueux à l’appui, voient désormais des taux frôler régulièrement 11,5–12% alors que, jusque dans les années 1990, certains lots tournaient autour de 10,5% (Wine Enthusiast).
- En Toscane, le Sangiovese « classique » de Chianti s’affichait à 12–12,5% vol. dans les années 1970–80. Désormais, 13,5%, voire 14%, devient une norme (Liv-ex).
- D’après l’Unione Italiana Vini, la hausse moyenne du degré alcoolique sur 25 ans dans le centre-nord tourne autour de 1,2 points (source : UIV).
Ce phénomène touche toute la Botte, mais chaque région, chaque cépage, raconte son adaptation à sa façon. Le Barolo et le Brunello, rois de la patience, doivent désormais jongler avec de nouvelles maturités : le tannin, la couleur, mais aussi… le punch éthylique.