Secrets d’accords : quel vin italien pour sublimer chaque plat de pâtes ?
En Italie, la pasta n’est pas qu’un simple plat, elle est le cœur battant du repas. Mais pour lui rendre hommage, il faut l’accompagner d’un...
Vins, saveurs, traditions : le meilleur de l’Italie à votre table.
Le Pecorino Romano n’est pas n’importe quel fromage de brebis : il porte depuis 1996 l’Appellation d’Origine Protégée (AOP), ce qui garantit un terroir précis, majoritairement le Latium, la Sardaigne et une pointe de Toscane. Il s’agit d’un fromage à pâte dure, affiné minimum 5 mois (souvent 8 à 12 mois pour les meilleures meules), au goût net, piquant, salin et légèrement poivré. Selon la filière italienne du fromage (formaggio.it), 94% de la production se fait aujourd’hui en Sardaigne, contre seulement 6% dans le Latium, sa région d’origine historique !
Quelques chiffres ? La production annuelle atteint 29 000 tonnes environ (source : Consorzio per la tutela del formaggio Pecorino Romano), dont plus de la moitié part à l’export, surtout vers les États-Unis (qui consomment à eux seuls près de 20 000 tonnes par an). C’est surtout râpé que ce fromage s’exporte, car il supporte aussi bien la cuisson qu’une dégustation seul.
Intense, salé, corsé : voilà le profil du Pecorino Romano. Sa richesse stimule la salivation, y répondre avec un vin trop discret, c’est courir à l’accident gustatif. La clé d’un accord réussi réside dans l’équilibre des puissances, du sel et de l’acidité – et parfois du gras ou du fruité selon la maturité du fromage.
L’Italie propose un éventail de blancs assez large pour jouer sur tous les registres du Pecorino Romano. Deux écoles coexistent : l’accord régional (on reste proche de la zone de production) ou l’accord de contraste/fraîcheur.
Le Frascati DOCG, produit à quelques kilomètres de Rome, est considéré comme le partenaire naturel du Pecorino Romano. Assemblage à base de Malvasia (généralement Malvasia di Candia et Malvasia del Lazio), complétée de Trebbiano Toscano, il délivre des notes d’agrumes, d’amande et une belle fraîcheur.
La coopérative Fontana Candida, un des plus gros producteurs, exporte chaque année plus de 4 millions de bouteilles, preuve que ces accords plaisent partout dans le monde (Fontana Candida).
Direction la Sardaigne : le Vermentino di Sardegna DOC, avec ses arômes de pomelo, de maquis et sa finale salivante, épouse formidablement bien le Pecorino Romano, surtout s’il est jeune.
Pour un fromage bien affiné (8-12 mois), la profondeur aromatique s’intensifie. Osez alors un Greco di Tufo ou un Fiano di Avellino, deux grandes appellations DOCG campaniennes. Leur structure, leur punch et leurs subtiles notes de fruits jaunes se marient à merveille.
L’accord fromage/vin rouge relève du défi. Pourtant, certains crus italiens font des merveilles, à condition d’opter pour des rouges frais, peu tanniques mais dotés d’une belle intensité aromatique. Le but : éviter l’astringence des tanins face au sel du fromage.
L’Italie n’est pas en reste côté effervescents. Quand le pecorino romano est servi à l’apéritif, rien de tel que les fines bulles pour alléger la perception de sel. Quelques suggestions :
Les données du Consorzio Franciacorta indiquent que plus de 19,4 millions de bouteilles ont été produites en 2022 – autant d’occasions de tenter des accords audacieux avec les fromages italiens.
On l’oublie souvent, mais le pecorino romano n’est pas seulement un fromage de dégustation. Il est présent dans de nombreux plats emblématiques :
Astuce : pour un usage “râpé”, le taux de sel sera un peu moins percutant que lors d’une dégustation “à la coupe”. Selon l’Institut National de Recherche sur les Aliments (INRAN), 100 g de pecorino romano peuvent compter jusqu’à 5 g de sel – l’équivalent du double d’un parmesan ! (CREA)
Pour sortir des sentiers battus, les amateurs en quête d’originalité auront l’embarras du choix dans la péninsule italienne.
Quel vin avec du pecorino romano ? Plus qu’une question académique, c’est une invitation à explorer les terroirs et la diversité des vins italiens. L’accord parfait dépend du moment, du plat, du degré d’affinage et, surtout, de l’envie du jour ! Blancs vifs, rouges juteux, bulles italiennes : les associations sont nombreuses et dépendent du tempérament du fromage, mais aussi du vôtre. Essayer, goûter, partager – c’est bien ça, l’esprit de la cuisine et du vin italien.