L’histoire du Passerina, pépite discrète de l’Italie centrale
Parfois dans le vaste paysage des vins italiens, on tombe sur un cépage qui, sans en faire tout un plat, sait sublimer n’importe quelle assiette. C’est le cas du Passerina, un cépage encore trop souvent dans l’ombre de ses célèbres voisins des Abruzzes ou des Marches. Pourtant, ce vin à la robe pâle, plein de fraîcheur, cache une identité bien trempée et une histoire étroitement liée à la ruralité de l’Italie centrale.
Cultivé principalement dans les régions des Marches et des Abruzzes, le Passerina tient son nom des petits oiseaux – les passeri – qui se régalent de ses baies dorées dès la fin de l’été. Répertorié dès le 19e siècle comme cépage indigène, il a longtemps été réservé à la consommation locale, ne franchissant que rarement les frontières de sa terre natale. Aujourd’hui, il vit un véritable renouveau ; environ 1 700 hectares sont cultivés principalement autour de la province d’Ascoli Piceno (source : Consorzio Vini Piceni). Son profil : aromatique, vif, légèrement salin, souvent doté d’une belle acidité et d’un bouquet qui hésite entre l’agrume, la poire croquante, des notes de fleurs blanches et parfois une pointe d’herbes sauvages.
C’est justement cette fraîcheur et cette trame tendue qui intriguent : quelle place donner au Passerina sur une table dominée par la puissance et le caractère d’un fromage bleu, mais dans sa version la plus douce ?