Secrets d’accords : quel vin italien pour sublimer chaque plat de pâtes ?
En Italie, la pasta n’est pas qu’un simple plat, elle est le cœur battant du repas. Mais pour lui rendre hommage, il faut l’accompagner d’un...
Vins, saveurs, traditions : le meilleur de l’Italie à votre table.
Le bleu d’Auvergne, c’est plus qu’un fromage. C’est une détonation de saveurs et de souvenirs pour qui aime les produits de terroir. Né dans les montagnes auvergnates au milieu du XIXe siècle grâce à Antoine Roussel, ce bleu à pâte persillée a su conquérir la France et l’Europe, jusqu’à décrocher l’AOP en 1975 (source : INAO). Avec ses 28% de matière grasse, à la fois crémeux, puissant et légèrement piquant, le bleu d’Auvergne a tous les atouts pour dominer la table… mais aussi mettre à mal bon nombre de flacons. D’où l’une des questions les plus savoureuses : avec quel vin italien ce fromage peut-il s’entendre ?
Quand on pense vin et fromage, l’automatisme du “fromage = vin rouge” fait souvent surface. Pourtant, oser les blancs ou les liquoreux change tout, particulièrement sur les fromages bleus. L’enjeu : trouver une alliance où ni le vin ni le fromage ne prennent le dessus, et où chaque bouchée appelle une nouvelle gorgée, par simple gourmandise. Voici les points clés à considérer :
L’Italie, c’est une galaxie viticole. Plus de 350 cépages autochtones, des terroirs variés du Val d’Aoste à la Sicile, et des styles pour tous les goûts : effervescents joyeux, blancs minéraux ou miellés, rouges tanniques ou veloutés… et évidemment, les splendides vins doux qui font merveille avec les fromages puissants. À garder en tête, l’Italie produit près de 48 millions d’hectolitres de vin chaque année – un coin de paradis pour dénicher l’accord idéal (source : OIV, rapport 2023).
Quand on cherche l’accord-miracle avec un bleu d’Auvergne, difficile de ne pas citer d’entrée les grands vins doux naturels italiens. Douceur, richesse, notes de fruits confits : tout pour adoucir le piquant du fromage.
Imaginez une bouchée de bleu relevée par la caresse d’un Moscato d’Asti, vif, perlé, qui craque en bouche sur les fruits blancs, le raisin frais et la fleur d’acacia. Avec ses 5 à 6% d’alcool seulement, il ne plombe jamais le palais, mais l’emmène vers plus de douceur.
Le Passito de l’île de Pantelleria, à base de Zibibbo (muscat d’Alexandrie), est produit avec des raisins passerillés au soleil. Cela donne un vin opulent, au nez d’abricot sec et d’herbes aromatiques, avec une finale longue sur le caramel et l’écorce d’orange. Il tutoie la puissance du bleu, sans jamais s’incliner.
Ce mythique liquoreux toscan, élevé plus de trois ans en caratelli, développe des arômes de fruits secs, de miel et d’épices douces. Il sait résister au gras du bleu et enrobe sa salinité. L’idéal : tartiner le fromage sur une tranche de pain aux noix pour un accord “all’italiana”.
Si l’accord “vins doux & fromages bleus” fait ses preuves, il existe quelques voies inattendues côté italien. Testées, et souvent adoptées lors de dégustations originales ou dans certains restaurants amoureux des accords francs.
Ce vin rouge pétillant de l’Émilie-Romagne était mal aimé. Aujourd’hui, le Lambrusco de qualité (Sec – “Secco” ou Semi-sec – “Semisecco”) propose des notes de cerise noire, de violette et une fraîcheur désaltérante. Face au bleu, sa bulle nettoie la bouche, ravive la fraîcheur du fromage, et souligne sa persistance.
C’est le vin des sensations fortes : rose, litchi, épices. Le Gewürztraminer d’Alto Adige/Südtirol présente souvent une légère douceur (10-15 g/l de sucre résiduel) tout en gardant une intensité florale qui dialogue bien avec les notes bleutées du fromage.
Pour les inconditionnels du vin rouge, quelques styles peuvent jouer la carte de l’accord, à condition d’avoir suffisamment de fruit et peu de tannins :
Petite anecdote : dans certaines trattorias du Frioul, il n’est pas rare de proposer le vieux Picolit (vin doux local) sur les fromages à pâte persillée… une tradition confidentielle mais franchement séduisante !
Pour transformer une dégustation bleue en voyage transalpin, quelques astuces à glisser dans son carnet :
L’accord idéal ne se limite pas au plateau de fromage. Le bleu d’Auvergne peut aussi illuminer des recettes italiennes originales :
Associer un fromage français aussi typé que le bleu d’Auvergne à des vins italiens, c’est ouvrir une porte sur des accords nouveaux. Qu’il s’agisse d’un Passito solaire, d’un Moscato festif ou d’un Lambrusco rafraîchissant, ces vins font voyager et racontent à leur façon les paysages, les gestes et la passion du terroir italien, en écho à l’artisanat auvergnat. Un seul conseil : testez, goûtez, et amusez-vous des contrastes. Le plus bel accord, c’est souvent celui que l’on découvre par soi-même, à la lueur d’un dîner partagé.
Sources : INAO, OIV, Gambero Rosso, Slow Food Editore, Vinup.it