Osez l’accord parfait : la bouteille italienne pour chaque plat principal
Les plats mijotés à l’italienne, c’est le symbole de la générosité de la botte. Prenons l’ossobuco alla milanese : jarret de veau fondant, gremolata parfumée...
Vins, saveurs, traditions : le meilleur de l’Italie à votre table.
Les plats épicés provoquent une réaction presque instantanée en bouche : picotement, chaleur, parfois même une petite sueur sur le front. Ce n’est pas seulement une question de goût ; physiquement, ce sont les capsaïcinoïdes (dans le piment), la pipérine (dans le poivre) ou encore les huiles essentielles (dans le gingembre, l’ail) qui stimulent nos papilles et nos muqueuses.
Le mythe du grand Barolo pour accompagner les penne all’arrabbiata doit tomber. Un vin rouge puissant, chargé en tanins et en alcool, sera vite mis à mal et risquera d’étouffer vos papilles. Pourquoi ?
La sommelière suédoise Madeline Puckette, fondatrice de WineFolly, l’explique : “Plus le vin est tannique et alcoolisé, plus il transforme le piquant en une vraie douleur. Fuyez les rouges structurés et coriaces.” (WineFolly)
On pourrait croire que le vin blanc, tout en fraîcheur, est le meilleur allié pour dompter le feu des plats épicés. Hélas, certains blancs exacerbent aussi la morsure.
D’après le magazine Decanter, “Les vins blancs nerveux manquent de souplesse pour calmer l’effet du piment. Privilégiez un blanc avec du gras ou une légère suavité.” (Decanter)
| Type de vin | Exemple italien | Pourquoi éviter ? |
|---|---|---|
| Rouge très tannique et alcooleux | Barolo, Brunello, Amarone | Tanins et alcool amplifient la brûlure et l’amertume |
| Blanc ultra-sec et acide | Soave Classico, Verdicchio di Matelica | L’acidité n’adoucit pas le piquant, arômes effacés |
| Vin muté ou oxydatif puissant | Marsala secco, Vernaccia di Oristano | L’alcool accentue la sensation de feu, l’amertume s’intensifie |
| Rosé très sec, peu fruité | Cerasuolo d’Abruzzo sans rondeur | Pas de douceur pour compenser la force des épices |
Mieux vaut choisir des vins qui atténuent la morsure. Une touche de sucre, un peu de pétillant, de la fraîcheur et une matière souple sont les meilleurs alliés des plats relevés.
En Thaïlande ou en Inde, on sert souvent de la bière légèrement sucrée, preuve que le sucre et la fraîcheur sont des armes redoutables contre l’excès d’épices.
Impossible de ne pas évoquer ce dîner entre amis à Naples, où un Taurasi 2015 a été servi avec des penne alla diavola. Dès la première gorgée, la fête s’est transformée en duel : le vin semblait encore plus chaud que le plat, tandis que la persistance des tanins empêchait toute sensation agréable. À l’inverse, un simple Frizzante blanc des Colli Piacentini, un brin doux, a miraculeusement calmé les débats la fois suivante.
La tradition italienne regorge de plats pleins de caractère et d’épices – pensons à l’‘nduja, aux penne all’arrabbiata ou à la puttanesca calabraise. Pour en profiter sans dompter le feu par l’eau, oubliez les rouges tanniques, les blancs trop secs et les vins puissants. Misez sur la douceur, la fraîcheur, voire une bulle légère. Le vin devient alors complice du plat, non son adversaire.
Besoin de le prouver ? Demandez autour de vous : les meilleures soirées, ce sont souvent celles où le vin sait faire oublier la brûlure. L’Italie garde toujours une perle pour transformer la fougue en harmonie.