Les racines historiques des accords classiques
Longtemps, le choix des accords en Italie s’est fait par nécessité bien plus que par esthétique. Prenons l’exemple de la Toscane : les plats rustiques et généreux comme la bistecca alla fiorentina ou la ribollita réclamaient des rouges charpentés, à l’acidité marquée, capables de nettoyer le palais et de rivaliser avec la richesse de l’assiette. D’où, naturellement, l’association avec les Sangiovese locaux.
Cela s’explique aussi par la géographie : pendant des siècles, la mobilité était limitée, et le recours aux produits locaux était avant tout pragmatique. On ne dégustait pas un Barolo à Palerme, tout simplement parce que le transport de bouteilles était luxueux – et risqué ! Le vin accompagnait ainsi le goût régional, tout en s’adaptant aux modes de préparation (grillades au nord, légumes confits et poissons au sud, épices dans les îles, etc.).
Selon l’historienne du goût Massimo Montanari, cette adéquation régionale a aidé les Italiens à préserver leur identité culinaire face aux influences extérieures, et à codifier les accords classiques. Les célèbres associations “Vernaccia di San Gimignano et truffe blanche” ou encore “Barolo et brasato al vino rosso” tirent leur prestige de ce mariage de proximité et d’histoire.