L’explication scientifique derrière le désaccord
Les tanins cherchent à s’associer : une fois en bouche, ils se fixent sur les protéines de la salive, lissant les sensations. Or, le fromage, en tant qu’aliment riche en protéines, absorbe les tanins – la salive n’a plus son rôle de tampon. À trop de tanins, l’impression d’assèchement se multiplie.
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L’astringence objective : Des études (Journal of Sensory Studies, 2020) ont montré que l’astringence perçue augmente de près de 40 % lorsqu’un vin tannique est consommé avec un fromage à pâte molle.
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La balance des saveurs : Les acides gras du fromage (16–30 % selon le type : INRA), masquent parfois la fraîcheur du vin, mais soulignent les tanins, les rendant encore plus envahissants.
La tradition a-t-elle tout faux ?
Fait amusant à noter : dans la plupart des régions italiennes historiques, on accompagne rarement un plateau de fromages varié avec un vin rouge corsé. Les familles préfèrent souvent un vin blanc sec, ou un rouge léger et évolué. Dans les Langhe, par exemple, l’accord mettra plus volontiers le Dolcetto ou le Barbera en avant.