Les maladies de la vigne qui gagnent du terrain
Le climat instable ne se contente pas de dérégler l’agenda de la vigne : il fait aussi exploser certaines maladies. En Italie, trois grandes familles de maladies sont désormais sur le devant de la scène :
- Les maladies fongiques : mildiou, oïdium, black rot, botrytis.
- Les maladies bactériennes et virales : Flavescence dorée, bois noir, court-noué.
- Les insectes vecteurs et parasites : cicadelles, drosophiles, scaphoïdeus titanus (vecteur de la flavescence dorée).
Mildiou et Oïdium : l’histoire sans fin
Le mildiou, “peronospora” en italien, et l’oïdium (“mal bianco”), sont les cauchemars récurrents du vigneron. Traditionnellement, le mildiou éclatait lors des épisodes printaniers humides. Mais avec la hausse des températures et l’enchainement rapide de pluie et de chaleur, on observe désormais des pics hors saison. Selon la Fondazione Edmund Mach (Trentin), la fréquence des traitements contre le mildiou a augmenté de 30% depuis 2010 dans le nord de l’Italie.
L’oïdium, lui, raffole des printemps précoces et des étés en dents de scie, avec alternance de chaleur et d’humidité : un “menu climatique” de plus en plus courant dans des terroirs comme la Langhe ou le Chianti.
Botrytis et autres invités indésirables
La pourriture grise, ou botrytis, profitait autrefois des automnes humides. Désormais, ses attaques apparaissent à des moments inattendus, y compris sous l’effet de pluies torrentielles suivies de chaleur intense qui fendillent la peau des baies. Selon le Centro di Ricerca per la Viticoltura di Conegliano, dans le Prosecco par exemple, l’incidence du botrytis en période de vendanges a doublé sur la période 2000-2019.
Nouveaux venus : maladies de bois, flavescence dorée et xylella
Les maladies dites du “bois” (Esca, Eutypiose) ou la flavescence dorée, transmises par des insectes, se diffusent plus vite avec la douceur des hivers. Le problème est aigu dans certaines zones du Piémont, de la Toscane et de la Sicile. Depuis 2016, plus de 10 000 hectares de vignes ont dû être arrachés en raison de la flavescence dorée, principalement dans le Nord et le Centre (données Coldiretti).
La xylella fastidiosa, fameuse bactérie dévastatrice de l’olivier, menace aussi les vignobles du sud des Pouilles depuis 2017. Si sa progression reste pour l’instant contenue chez la vigne, elle illustre bien le cocktail explosif du réchauffement et de la circulation des maladies.